Sur le chemin du retour forcé [pv : Kaïla]

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Sur le chemin du retour forcé [pv : Kaïla]

Message  Ophyde le Lun 21 Nov 2016, 22:06

L'enfant démon sur les épaules d'Ophyde s'était endormi depuis longtemps, mais la lamia n'avait toujours pas trouvé de lieu assez protéger pour y passer la nuit. Un rien lui faisait rebrousser chemin. Depuis qu'elle avait pris sous son aile la jeune démone elle était devenue beaucoup plus exigeante. Un endroit trop venté et elle craignait pour la santé de la petite. Il fallait également un lieu caché de tout regard ou un endroit où elle pouvait voir approcher le moindre humain. Dans le second cas, elle passait une nuit sans dormir ou peu, mais la sécurité de l'enfant était plus important. Qui aurait cru qu'elle deviendrait aussi protectrice ? Surtout un enfant, petit être inutile à ses yeux jusqu'à présent. Ce fut quand elle lia son esprit à celui de la démone que son attachement avait commencé. Puis, quand ces parents n'étaient pas réapparus (apparemment les abominations avaient un pouvoir qui leur avait permis de tué définitivement malgré le pacte avec Shiru) Ophyde c'était sentie obligée de garder l'enfant sous sa protection. Puis ce petit être était pratique, il ne parlait pas beaucoup, observait et reproduisait bien. Parfait pour transmettre son savoir et parler de ses problèmes. Problèmes qui s'accumulaient depuis quelques temps...

Tout avait commencé il y a un peu plus d'un an quand elle avait ouvert son cœur à la mauvaise personne : le démon Yeager. Jeune, elle avait déjà connue une peine de cœur. Son premier réflexe avait été de se donner à tout les mâles qu'elle attirait pour se venger. Sa seconde réflexion fut de se promettre de ne jamais tomber amoureuse. Plus facile à dire qu'à faire. Jusqu'à présent elle s'en était sortie parce qu'elle ne restait pas assez longtemps dans un lieu pour s'attacher à qui que ce soit. Les nombreuses déchirures créées part ses départs brutales lui avait permis de créer un mur autour de cette sale émotion Amour. La sédentarité et son attachement envers la démone avait fragilisé ce mur. La transformation en humaine l'avait achevé la laissant sans défense devant le scientifique don Juan. Elle s'était ouverte à lui pour se faire poignarder dans le dos quelques jours plus tard. Elle qui cherchait une excuse pour partir du donjon qui commençait à lui taper sur les nerfs venait d'en avoir une. Du jour au lendemain elle avait disparue des murs froid et oppressant du donjon. Accompagnée de l'enfant, elle était repartie sur les routes sans but précis. Elle avait erré, heureuse de se sentir libre d'aller nul part. Ce voyage lui permis également de parfaire l'apprentissage du petit être qui la suivait. Elles avaient trouvé un endroit tranquille où elles s'installèrent quelques temps jusqu'à que les ennuis reviennent.

En réalité un seul ennui : les crises meurtrières d'Ophyde, ces instants de folie où elle perdait le contrôle de son corps qui lui permettait de revenir à elle qu'une fois un humain torturé à mort. Heureusement elle n'avait pas conscience et ne se souvenait jamais de ces moments. Même si bien souvent c'était parce qu'elle retournait vivre son court passé de torture. Se réveiller avec du sang humain sur les mains, un corps méconnaissable à s'occuper l'embêtait mais depuis le temps elle était habituée. Ce qui l'embêtait le plus était d'attirer l'attention des humains. La disparition de plusieurs êtres en quelques mois alors qu'une dame bizarre venait de s'installer dans les bois allait vite leur mettre la puce à l'oreille. La lamia savait les humains assez intelligents pour donner la faute de leurs malheurs au premier étranger venu. Bien que pour le coup, leur raisonnements auraient touché juste.
Ne voulant pas finir au bûcher elle raconta son problème à la démone. Elles devaient reprendre la route avant qu'une nouvelle crise la prenne et qu'un troisième humain meurt par sa faute. La question était quel chemin prendre ? Le silence de l'enfant lui dit de choisir le retour vers le donjon. Elle avait raison cette petite chose. Au donjon, elles seraient protégées des humains. Puis au donjon les crises d'Ophyde avaient disparues. Bien qu'elle ne voulait plus revoir la sale face de démon scientifique voleur de cœur et de sang, pour la sécurité de l'enfant elles devaient revenir au donjon.

C'est comme ça qu'elles prirent le chemin du retour. Grâce à la démone qui semblait se souvenir d'une partie du chemin, elles se retrouvèrent dans les montagnes du Kimon. C'est malheureusement à partir de là qu'elles se mirent à tourner en rond. Elles étaient par fois assez hautes pour deviner le donjon au loin. Mais une fois au creux d'une vallée, il suffisait d'un torrent pour les obliger a changer d'orientation et se perdre. C'est dans ces montagnes qu'elles se trouvaient encore cette nuit là. La démone sur le dos, Ophyde avançait à la recherche d'un lieu pour se reposer. Reconnaissant la lueur d'un feu, elle décida de s'en rapprocher. Les personnes assez folles pour traverser ce massif étaient soit proscrits soit ermites. Dans beaucoup de cas elles se fichaient pas mal de qui vous étiez. Un petit risque restait à Ophyde de rencontrer des personnes voulant l'agresser. Dans ce cas, elle aurait dû se défendre. C'est pourquoi elle cacha l'enfant entre des roches. Bien emmaillotée dans une couverture, avec toutes leurs affaires elle ne risquait pas le froid de la nuit.

Libérée de ses mouvements, la lamia se rapprocha du camp d'où provenait des bruits étranges. Un peu comme des lames qui se rencontrent... Quand elle fut assez près elle constata qu'une jeune femme était attaquée par des hommes. Ces sales mâles qui avaient voulu profiter d'une jeune femme sans défense apparente ! Foi d'Ophyde ça n'allait pas se passer comme ça ! Sans crier gare, elle fonça sur l'homme le plus proche pour lui sauter dessus. Attaquer quelqu'un de dos n'avait rien de chevaleresque mais la lamia ne connaissait pas ce mot. Son poids et la surprise plaqua l'homme au sol. Un hurlement étouffé sorti de sa bouche alors qu'il senti quelqu'un lui arracher un morceau de peau au niveau du cou. Sa chaleur le quittait avec son sang qui coulait bien trop rapidement. Déjà il ne sentait plus l'être sur lui qui se relevait, un sourire bestialement fou aux lèvres. Dans un petit sifflement Ophyde avala la chair humaine. Ses pupilles dilatées par le plaisir de l'action se rétractèrent rendant la lamia plus ophidienne alors qu'elle cherchait une nouvelle proie à tuer.
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Re: Sur le chemin du retour forcé [pv : Kaïla]

Message  Kaïla Vitae le Mar 06 Déc 2016, 23:46

Les regards que je recevais après l'assaut des forces de Naviento... Malgré la victoire, je sentais bien que les murmures n'étaient pas accueillant. Pas uniquement envers moi, mais envers tous les humains du donjon. Je ne sais pas comment faisaient les autres pour tenir avec tout ça. Mais moi... je ne pouvais pas... Je ne pouvais plus. Je n'étais pas acceptée parmi les humains, pas plus acceptée parmi ceux que j'estimais les miens et encore moins dans ce qui m'avait été présenté comme étant un refuge.

Finalement, ma place était dehors, seule à faire ce que j'ai toujours fait. Il ne me fallut pas que quelques semaines pour retrouver quelques réflexes d'informations, retrouver un lieu où étaient passées les annonces louches. Les petits vols, les crochetages, ... Ça a commencé comme ça, puis j'ai repris confiance et repris mes activités plus intéressantes. Plus risquées, justement. C'était cela le charme du métier.

Cela faisait plus d'un an maintenant que j'avais repris ma vie ainsi. Et je venais de finir un contrat parmi les plus risqués que j'avais repris jusque là. Le vol d'un sceau à cire protégé par une bande de 4 mercenaires engagés pour justement empêcher son vol. Mais je les connaissais bien et je connaissais leurs faiblesses. Distraire le premier fut facile, esquiver les 3 autres également. Le coffre-fort était bien protégé. La méthode pour l'ouvrir, noté à l'intérieur d'un livre de comptes, l'était moins. Comme toujours, la plus grande faiblesse de ces sécurités, ce sont leurs propriétaires.
Seule ombre au tableau, la découverte du méfait avant que je ne quitte la propriété. Je n'avais pas eu le temps d'effacer toutes les traces de mon passage dans le bureau, mais bien malin sera celui qui pourrait me retrouver.

Je venais de remettre le produit de mon larcin à son commanditaire. Ce qu'il en ferait, ça ne regardait que lui. Probablement des fausses missives ou peut-être du chantage. Mais ce n'était pas mes affaires. Le paiement lui, bien d'avantage. Le creux des montagnes étaient mon refuge après ce genre d'activités. Le terrain accidenté avait fait des ravages parmi les inexpérimentés. Sans parler de la température qui est souvent fraîche. Mais j'étais équipée pour cela. J'étais en confiance ici.

Je mangeais donc tranquillement une partie des provisions achetés dans la journée, auprès de mon feu de camp. Je n'avais rencontré personne jusque là, pourquoi je me méfierais?

Soudain, j'entendis une voix.


"Alors, on ne surveille pas ses arrières? Cela m'étonne de ta réputation."

Sous la surprise, je faillis m'étrangler. Je connaissais la voix, c'était celle du chef de la bande que je venais de ridiculiser. J'avalais péniblement mon morceau en me retournant. Ils étaient tous là, les 4 gardes. Enfin, gardes... De nom. Parce qu'au vu de leur efficacité...

"Je m'attendais pas à ce que vous veniez jusque là. Ça n'a pas du être facile de suivre ma trace après votre échec."

"On a pas eu besoin de ça... On t'a aperçue en sortant d'un possible commanditaire. Tu oublie de faire attention une fois le contrat terminé Kaïla."

Je fis une légère grimace... Ils n'avaient pas tort. Mais s'il parlaient de fin de contrat, cela voulait dire que c'était terminé non? Alors pourquoi ils commençaient à vouloir m'encercler?

"Vous savez que je n'ai rien contre vous hein? C'est le travail qui veut ça. La prochaine fois, ça sera peut-être vous qui gagnerez."

"On ne t'en veut pas pour ce contrat. Tu l'as dis toi-même, c'est le travail. Nous sommes passés à un autre contrat, c'est tout. Et pas de risque de concurrence cette fois-ci, Fille des Monstres... Tu ne fera jamais cette demande... Puisque c'est de toi qu'il s'agit dans ce contrat."

Au moment où il m'avait appelé par ce titre donné par ces biens-pensants ecclésiastiques, j'avais sorti mes lames pendant qu'eux sortaient les leurs. Évidemment... La prime sur moi n'avait pas disparu durant le bref temps où j'étais inactive. Et faute d'avoir réussi, ils prenaient un lot de consolation.

"Rien de personnel hein, c'est le travail qui veut cela. Tu peux le comprendre naturellement."

"Oui, bien sûr..."

Je sautais sur le plus petit, et il bloqua mes lames sans efforts. Je n'avais pas pour but de le vaincre, mais seulement de créer une ouverture. Malheureusement, je m'aperçus rapidement de mon erreur... Il était doué et me repoussa sans problème au centre. J'étais en mauvaise posture... Bon, j'avais déjà été dans une situation encore plus déplorable. Certainement.

Bon.. Non, en fait, j'avais toujours eu la chance d'avoir de l'aide dans ces moments là. Et là... Si j'ai choisis ces montagnes c'était justement par l'isolement. Il n'y avait aucune chance que...

Un bruit sourd d'un corps au sol suivit d'un hurlement étouffé attira l'attention de tout le monde et l'affrontement s'arrêta un moment. Un des gardes venait de recevoir une certaine surprise sur le dos sous la forme très reconnaissable d'une lamia... énervée ou affamée, difficile à dire. Mais en tout cas, celui sous elle n'avait pas eu le temps de dire quoi que ce soit et au regard serpentin qu'elle dardait sur nous, il y aurait d'autres victimes. Je connaissait quelques cachettes, je pouvais sans doute me cacher au besoin le temps qu'elle se calme. Mais pas mes assaillants. Je ne put m'empêcher de les regarder brièvement, je me sentais peinée pour eux. Presque. Un petit peu.

Bon, pas du tout en fait. Ils avaient voulu me conduire sur le bûcher ou pire! J'allais pas les pleurer voyons! J'allais survivre, peu importe la manière et c'était ce qui comptais.
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Re: Sur le chemin du retour forcé [pv : Kaïla]

Message  Ophyde le Jeu 02 Fév 2017, 12:20

A peine le morceau de gorge avalé, qu'Ophyde évaluait l'être le plus proche pour lui sauter dessus. Par peur ou par surprise tout les humains s'étaient arrêté de bouger. La lamia trouva ça stupide, n'importe quel animal avec un minimum d'instinct serait déjà entrain de fuir. Quoi que...
Espérait-il peut être la tuer ? La blesser à la limite, mais elle doutait de la capacité de trois humains à contrer une humaine et une lamia. Peu importe, un mort de plus les ferait peut être réfléchir.

Sans plus attendre la queue d'Ophyde s'enroula autour de l'humain le plus proche. Pour un tétanisé quelques secondes avant, il réagit bien : il leva les bras pour pas qu'ils soient piégés et entailla la queue qui remontait vers son cou. Surpassant la douleur la lamia se mit à serrer ses anneaux le plus possible tout en continuant d'avancer. Un à un les os de l'humain se mirent à se briser dans des craquements douloureux. De grognements de douleur il se mit à crier. Elle devait agir avant que les deux autres attaquants décident de bouger. Trop de jours sans parler, la voix de la semi ophidienne était rocailleuse et teintée d'un accent étranger. Mais elle réussit à parler assez fort pour se faire entendre par dessus les cris :

"Laissez cette femelle tranquille ! C'est de culture humaine d'attaquer les jeune femmes à quatre pour s'accoupler ?! Il est bon temps d'apprendre une autre manière de vivre ! Déguerpissez avant que je m'occupe de vous aussi ! "

Sa phrase se termina sur le dernier cri de l'humain presque disparu derrière des écailles noires.
Deux options s'offraient à eux, soit ils combattaient au prix de leur vie, soit ils sauvaient leur peau. S'ils étaient suffisamment intelligents aux yeux d'Ophyde ils choisiraient la seconde option. Sinon... Elle était prête à se dégourdir encore sur deux humains apeurés. Avec un peu de chance la femme se mettrait même à l'aider. En somme ils n'avaient que peu de chance. Sauf si l'humaine se mettait à vouloir tuer son sauveur, là encore un acte stupide du point de vu de la lamia. Mais les humains avaient parfois tendance à agir de manière stupide.
Les deux hommes étaient déjà en train de tourner les talons quand Ophyde repris la parole :

"Si vous ne voulez pas que vos compères finissent dans mon estomac, je veux bien vous laissez le temps de les emporter... Même si c'est de la nourriture gâchée."

Elle lâcha alors le corps encore debout dans ses anneaux. Bouche béate rougeoyante de sang, le corps chuta comme une poupée de son tellement ses os avaient été broyés. Sans leur tourner le dos, elle recula jusque dans l'ombre de la nuit pour leur laisser l'espace de partir. Assurée qu'ils n'attaqueraient plus l'humaine, elle partie en silence.


Quelques minutes plus tard, elle était de retour vers le feu de camp un drôle de chargement sur le dos. D'une voix un peu plus humaine et douce elle demanda :

"Je peux me joindre à vous pour la nuit ? J'ai quelqu'un qui sera content d'avoir la chaleur du feu pour dormir."
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