My Life as a Dungeon Keeper
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Le Deal du moment : -25%
TEFAL – Cocotte-minute 8 L – inox, tous ...
Voir le deal
48.99 €

Avènement Du Destin Round 2 (Version Félina)

Aller en bas

Avènement Du Destin Round 2 (Version Félina) Empty Avènement Du Destin Round 2 (Version Félina)

Message  Invité Mer 07 Aoû 2013, 03:21

Spoiler:

Rien n’arrivait jamais par hasard. Chaque choix, chaque décision, forgeait notre destin.

Mes plaies rapidement guéries par les soigneurs, je me sentis de nouveau prête. Prête pour un nouveau combat, pour de nouvelles rafales d’adrénaline. Prête pour une nouvelle victoire. Rien ne pouvait ternir ma détermination ni ma confiance. Je me sentais, pour la toute première fois, forte et puissante.

Toujours perchée sur l’immense versant de montagne, mes mains glacées agrippaient fermement ma plaquette. En observant ses indications, je restai perplexe sur mon prochain lieu de combat. C’était justement au somment de cette montagne, à quelques mètres au dessus de moi. J’hésitais entre deux sentiments. La joie de ne pas avoir à parcourir de longs et laborieux kilomètres, ou la haine de me retrouver de nouveau prisonnière des vents glacials et de cette neige insupportable.

Quelques minutes me suffirent pour escalader la pente et me hisser au sommet du versant. Dépitée, j’observais l’endroit, faisant le douloureux constat que tout était pire qu’avant. Des nuages lourds et compacts rendaient le ciel noir, menaçant d’éclater en des milliers d’éclairs. La pression atmosphérique avait chuté, rendant la respiration difficile. Il faisait inévitablement plus froid. Et il n’y avait plus seulement la neige… mais la pluie s’était invitée dans la danse. Elle creusait le sol neigeux, agrandissait les crevasse, rendait le terrain encore plus mou et instable. J’étais bien évidement trempée.

Rapidement une silhouette se dessina au travers des rafales de neige. D’un pas lourd et lent, l’homme se voulait surement menaçant. Mais il en fallait plus pour m’effrayer. Petit à petit son visage se fit plus net, ses traits familiers m’apparurent comme une lance en plein cœur. Je fermais les yeux, puis les ré ouvraient. Mais il était toujours là. Ce n’était pas par hasard. Son air sombre me le confirmait. C’était d’une effroyable évidence… Engar était mon adversaire.

Mon cœur buttait si fort contre ma poitrine qu’il me donnait envie de vomir. Je ne pouvais pas me battre. Pas comme ça, pas contre celui qui plusieurs fois m’avait sauvé la vie. Engar… Mon frère… Toutes les épreuves que nous avions traversées, toutes les horreurs que nous avions affrontées. Cela devait-il se terminer ainsi ? Dans un combat sanglant au somment de cette stupide montagne ?

La chaine d’une de ses dagues se mit à tournoyer au-dessus de lui. J’avais l’impression de vivre un cauchemar. Il ne me quittait pas des yeux. Un regard lourd d’avertissement, pour me dire qu’il ne reculerait pas, que je devais me battre, assumer ce tournois qui était mon choix. C’était pathétique… Je devais choisir entre ma famille et ma famille, un choix qui ne pouvait réellement exister.

La chaine s’élança dans une vitesse incroyable et je sentis la lame me trancher le flan. Je poussai un cri déchirant tandis que le sang se répandait déjà sur la neige. J’encaissai ce coup comme une trahison, un acte atroce dont ne pouvait être capable quelqu’un qui prétendait m’aimer comme sa propre famille.

" Qu’est-ce qui peut bien avoir plus d’importance que ta sœur ! " Hurlais-je désespérée.

Engar qui était resté totalement impassible agita de nouveau ses chaines. Effrayée, j’ordonnais instinctivement à mon corps de me transformer. Mais une violente douleur me frappa en plein abdomen. Sous le choc je m’effondrai à quatre pattes sur le sol glacé. Puis hurlai lorsque ma fourrure couvrit ma peau. Ca me brulait, j’avais l’impression de prendre feu, une douleur insupportable puisqu’elle était ajouté à ma toute récente blessure. Le souffle coupé, j’arrêtai le processus pour rester humaine. Il me fallut tousser comme une abrutie pour reprendre ma respiration. L’incompréhension de ce qui venait de se passer me mit dans un état d’effroi total. C’était abominable, terriblement injuste.

En relevant la tête pour regarder Engar, je crus percevoir de l’inquiétude dans ses traits. Impression réduite à néant lorsque celui-ci s’avança vers moi les sourcils froncés, dagues en mains, d’un pas déterminé. Toujours à terre je reculais sans le quitter des yeux, sans avoir la moindre idée de comment me défendre sous cette forme si faible et inutile. J’entendis le son de sa chaine. Il la relançait de nouveau. J’évitais sa lame de justesse en me jetant sur le côté. La douleur de ma blessure au flan me fit tressauter lorsque je percutai le sol.

" Arrête ! Il doit y avoir un moyen ! " Hurlais-je de nouveau, très peu confiante en ma capacité d’éviter une nouvelle fois sa dague.

Il réduisait de plus en plus la distance entre nous. Je reculais toujours, à terre, sans même regarder où était le bord de la falaise à présent. Peut-être valait-il mieux que je meurs tout de suite plutôt que de supporter d’avantage ce combat. Engar sembla soudain vouloir en terminer rapidement lui aussi, puisqu’il se mit à courir dans la neige, transpirant de détermination. Horrifiée je rampais le plus vite possible. La neige me brulait le dos, j’étais trempée par la pluie qui dans la foulée lavait le flot de sang s’écoulant. Je heurtai brutalement ce qui semblait être un rocher. La pierre du destin… Celle qui me coinçait face à mon adversaire, réduisant à néant tout espoir de fuir.

Péniblement j’attrapais le rocher glissant pour me hisser dessus. J’eus un hoquet d’effroi en comprenant ma position : Au bord de la falaise. Tout ce qui se trouvait derrière ce gros caillou à présent rouge de mon sang, était le vide, le néant, la certitude d’une mort inévitable.

Je tournai la tête. Engar arriva à toute vitesse, prit un élan monstrueux pour bondir, dagues en avant, droit sur moi.

" NON ! "

Son pied glissa sur la roche ensanglantée en même temps qu’une de ses dagues se planta dans ma cuisse. La situation se renversa complètement. Il tomba en avant, derrière cette pierre du destin, là où la mort ouvrait ses bras pour l’engloutir dans une tempête glacée.

Mais un lien le rattachait inexorablement à la vie. Un lien fragile, mais son dernier espoir. Moi. Un rayon de soleil perça les nuages noirs tel un miracle. Il illumina la chaine d’Engar, d’un côté attachée à un de ses poignets, d’un autre planté dans ma cuisse avec la dague.

Je ressentais tout son poids qui me tirait vers le vide avec lui. Je m’accrochais au rocher comme une forcenée pour nous maintenir tous les deux. La dague faisait pression sur mon os derrière lequel elle était coincée. Elle me faisait souffrir le martyre.

Le vent violent avait dissipé quelques nuages. Suffisamment pour laisser passer d’autres rayons. Le visage d’Engar fut illuminé par le soleil, recevant un peu de chaleur dans cet univers de glace. Je ne lisais pas la peur dans ses traits, mais plutôt la tristesse. Etais-ce la même que la mienne ? Ou bien seulement la déception… L’échec de la défaite, puisque nous allions probablement mourir tous les deux. Il était là, pendant dans le vide, sa vie dépendant de ma volonté. Quelle ironie, sachant qu’il s’était retrouvé dans cette situation en essayant de me tuer.

" Engar… Murmurais-je d’une voix tremblante de douleur. Si j’arrive à te faire remonter, est-ce tu vas continuer ? Est-ce que tu vas finir ce que tu as commencé ? "

Il fixa mes yeux, comme s’il ne comprenait pas l’intérêt de la question. Son visage se ferma, mais sans me quitter du regard, il acquiesça doucement.

" J’aurais préféré que tu me mentes… " Soufflais-je en versant une larme.

Une de mes mains quitta le rocher et s’empara de la plaquette qui dépassait de son sac à dos. Elle était là depuis le début, même si je n’y prêtais attention que maintenant. Engar avait du comprendre, mais il ne pouvait pas se permettre de faire le moindre mouvement. Je jetai tout simplement sa plaquette dans le vide, la regardant tomber dans les profondeurs de la falaise. Puis mon bras vint s’emparer d’une tablette dans son sac. Je la déposais à côté de moi, en équilibre sur le rocher. Puis dans un cri de douleur je saisissais ma plaquette dans mon propre sac en passant mon bras dans mon dos. La dague fit pression dans ma cuisse, nous faisant à peine bouger de quelques centimètres. Il fallait faire vite si je ne voulais pas tomber dans les pommes, après la quantité de sang que j’avais déjà perdu.

Alors toujours dans cette position incertaine, entre la vie et la mort, d’une main tremblante je plaçais sa tablette dans ma plaquette. L’aura magique qui s’en dissipa n’avait même pas le gout de la victoire.

Je lui tendis la main. Il l’attrapa fermement.

Tirant de toutes mes forces, avec toute ma volonté, et concentrée pour ignorer la douleur qui incendiait mon corps, je hissai mon frère jusqu’à ce qu’il puisse aussi s’agripper sur le rocher, et remonter à mes côtés. Nous étions à présent hors de danger.

Il soupira longuement en regardant le sol. Puis ses yeux se déposèrent sur ma plaquette un instant. Il s’en détourna, puis se pencha sur ma cuisse, saisissant doucement sa dague pour la retirer de ma chair. Je poussai un cri que j’étouffai avec ma main. Lui, garda la sienne sur ma cuisse, contenant l’écoulement du sang.

Rien n’arrivait jamais par hasard. Chaque choix, chaque décision, forgeait notre destin.

" C’est fini maintenant ? "

Il ne me regarda pas, il était dans ses pensées. Mais il acquiesça de nouveau. Oui, c’était fini.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum