My Life as a Dungeon Keeper
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Émotions troublées et fugitives [One-Shot]

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Émotions troublées et fugitives [One-Shot] Empty Émotions troublées et fugitives [One-Shot]

Message  Invité Mer 02 Jan 2013, 09:13

Pourquoi? Pourquoi le sort s'acharnait-il ainsi sur elle?

Et pourquoi était-il si ironique? Est-ce que c'était sa destinée? Est-ce que c'était quelque d'immuable qu'elle ne pouvait modifier, changer? Pourquoi devait-elle sans cesse voir, rêver, et même revivre la même séquence troublante que dans ce donjon? Ce n'était pas un rêve, la douleur était présente, quasiment insoutenable, et la chaleur du sang qui glissait le long de sa cheville lui rappelait à quel point la réalité était rude. Et à quel point la vie ne tenait qu'à peu de choses. Pourtant, la silhouette qui se dressait face à elle n'avait rien de celle svelte qui hantait ses nuits: celle-ci était immense, cachant presque les lueurs du soleil qui peinait à se glisser entre le feuillage des arbres..

C'était impensable. C'était stupide. C'était un pêché d'orgueil. C'était un cauchemar qui empirait.

Impossible de dire dans quel état d'esprit elle se trouvait. A mi-chemin entre la confusion, la peur, l'embarras, la crainte, la haine, la colère, la tristesse, le remord, la nostalgie. Son regard était troublé, aucun son ne sortait de ses lèvres, et le sang... Ne cessait de couler. Le silence régnait autour d'elle, autour d'eux, comme si la nature elle-même admirait ses derniers instants, ou sa décente aux enfers. Seuls restaient, les dialogues ininterrompus des êtres rondouillards et bruyants.


« ... En tout cas elle est drôlement mignonne, c'te voleuse. Regarde ces tatouages, ça n'me dit rien du tout. Le rat? »

« Non, j'connais pas. Jamais rien vu d'tel en trente années de voyage, et pourtant j'en ai vu des villages! Mais y parait qu'y reste des humains qui vivent comme des sauvages, dans des zones cachées, un peu comme Vasheera, t'rappelles Morn? »

« Ouais, ma-mais c'était des-des femmes-araignées à Vasheera, les-les humains c'étaient que-que des esclaves. Mais j'ai com-compris le princi-cipe. Dans le gen-genre 'caché', t'veux dire. »

Des rires gras. Les individus qui se tenaient face à elle étaient des êtres peu enclins aux bonnes manières, et ils étaient bruyants au possible. Le plus grand d'entre eux, balafré, se tenait un peu à l'écart, et l'intelligence ne semblait pas son fort. Il n'arrêtait pas de bégayer, ce qui donnait à sa voix grave et lourde un côté particulièrement pitoyable. L'autre à côté, avec ses lunettes, ressemblait à un gobelin plus grand que la normale. Quand au dernier, celui qui était agenouillé en face d'elle, c'était le plus gros de tous mais aussi visiblement le chef... Son haleine et son odeur étaient insoutenables, et il était facile de deviner que l'hygiène n'était pas sa priorité première. Ces trois êtres partageaient tous le même équipement: à savoir une armure légère et des besaces lourdes qui semblaient remplies d'outils... Seul le grand possédait une arme différente des deux autres, à savoir un immense marteau, tandis que ses compères portaient l'épée.

« Faut la faire parler, lui d'mander d'où elle vient! Même si elle cause pas la langue, faut qu'elle crache le morceau! »

« Co-comme avec la bou-boulangère d'Eggl-Eggla-Egglase... »

« Hahaha, mais c'est c'qu'on va faire, Morn! Même trait'ment! Même si on pourra p't'être pas la rançonner comme l'aut', on pourra la r'vendre en douce en tant qu'esclave! Mais comme l'a dit le rat, faut d'abord qu'elle cause, qu'elle dise d'où elle vient.. Ya p't'être un village qu'on connais pas et qu'on peut piller! On peut même r'vendre l'info' au clan Träkk, pour s'faire d'avantage de blé! Mais avant d'l'abimer, on peut s'amuser... »

Les frissons de danger qui parcourait son échine n'étaient que d'avantages de signes révélateurs sur ce qu'il risquait de se passer dans les prochaines minutes... Voir les prochains heures. Pourtant, elle n'arrivait pas à s'en inquiéter convenablement. A assimiler correctement les signaux d'alerte envoyés par son organisme. Tout ce qu'elle sentait, c'était sa force s'enfuir, petit à petit, s'écoulant au travers de sa plaie inexorablement. Elle n'avait jamais autant éprouvé l'envie de dormir suite à une blessure, surtout après la longue nuit de repos qu'elle avait passée. C'était presque comme si la douleur s'en allait petit à petit pour laisser place au sommeil, sa cheville s'engourdissant lentement mais sûrement. Encore un peu et elle ne souviendrait même plus des dents métalliques acérées qui étaient figées dans sa chair, s'étant arrêtées à l'os mal gré elles. Ce n'était pas vraiment bon signe, n'est-ce pas?

« Morn, c'toi qu'a posé l'piège, j'te la laisse! »

« J'ai-aime pas les vi-vivantes. »

« Ah ouais, c'est vrai. J'prends ton tour alors, mais j'vais pas trop l’amocher. Après tout, elle vaut de l'or c'te fille, et... »

« Hey, vous! Qu'est-ce que vous êtes en train de faire? »

Une voix. Un nouveau venu. Un quatrième compère? Elle avait du mal à analyser correctement ce qu'elle entendait, se sentant faiblir de plus en plus. Que sa négligence soit mille fois maudite! Sa faculté à sous-estimer ses adversaires, à les considérer comme trop faibles pour être dangereux! Le trio s'était tourné vers l'arrivant, ce dernier étant visiblement bien plus svelte que ceux à qui il faisait face..

« C'pas tes oignons l'morveux! Dégage! »

« Vous êtes obligés de vous y mettre à trois pour une fille sans défense? Pitoyables! J'ai vu des brigands avec bien plus d'honneur! Partez, maintenant, et je serais magnanime! »

De plus en plus de mal à comprendre... Qu'est-ce qu'ils disaient? Les individus semblaient s'énerver contre celui qui devait être un opportun, un gêneur.. Quelqu'un qui voulait sa part du butin? Ou la proie toute entière? Les humains étaient vraiment des créatures horribles et sans scrupules.. Bien plus que le plus bas des monstres pouvant exister. La tête commençait à lui tourner, l'évanouissement n'était pas loin mais pourtant, elle luttait, parce qu'elle ne voulait justement pas s'endormir.. Elle voulait rester maîtresse de son corps, de ses gestes jusqu'à la toute fin, ne jamais abandonner. Sa fierté le lui interdisait après tout. Dans un dernier effort, elle tentait d'ouvrir le piège, apparemment prévu pour un ours, même s'il n'y avait aucune chance qu'elle y parvienne... L'agitation autour d'elle prenait par ailleurs un nouveau tournant.

« Tu vas r'gretter d't'être mêlé à nos affaires! »

« Morn s'o-occupera bien de-de toi une foi-fois mo-mort! »

Le fracas des armes, celui des épées... Mais aussi des gerbes écarlates, issues d'un liquide vital qui offrait un repos éternel lorsqu'on le retirait du corps. Difficile de dire ce qu'il se passait aux alentours, tant le monde tournait autour d'elle, dans une farandole inhabituellement vertigineuse. Mais ce qu'elle savait, ce que le plus grand des brigands était tombé au sol, suivit du plus petit. Seul restait le chef, apparemment blessé, se défendant encore d'une main, l'épée dirigée vers l'insoupçonnable guerrier qui lui faisait face. Il n'y avait plus de grands discours, juste des grognements, des cris de douleur et des plaintes lancinantes.

« T... Mais t'es qui toi, à la fin? »

« ... Mon nom est Eckett Firmbrägger. Éleveur de moutons à mes heures perdues, et accessoirement disciple du maître Kelroy Mazz. »

« Di... Disciple de Mazz? Mais alors tu es...? »

Un sifflement se fit entendre, tranchant dans un certain final la discussion entamée.

« Lui-même. »

Ami.. Ennemi... Elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Les ténèbres qui gagnaient autour d'elle et l'enveloppait doucement lui interdisait toute réflexion supplémentaire. Seuls restaient les doutes, les craintes, les fautes effectuées, les remords. Des pas rapides furent audibles, quelqu'un venait visiblement à ses côtés. Et ce quelqu'un semblait même la soulever, comme si elle n'était plus retenue par un quelconque piège, ou comme si celui dans lequel sa cheville était prise n'était... plus.

« Tu m'entends? Ne t'endors pas, d'accord? Ne t'endors surtout pas! Katina! Katina, j'ai besoin d'aide! Tu... »

Elle ne pouvait plus en entendre d'avantage. L'heure de blâmer ses erreurs, sa fierté ou son caractère n'était plus. Désormais, elle devait penser à la suite, c'est à dire au néant. Le pacte du donjon n'avait plus aucune importance à présent, surtout à une telle distance, et la réincarnation... Ce n'était même plus la peine d'y penser. Son peuple était mort, anéantit, et sans doute était-elle la dernière des adoratrices d'Echidna. Une bien triste fin pour une bien médiocre guerrière, au final. Ses dernières volontés auraient étés de dire au revoir à Félina, mais... étrangement, ce n'est pas elle qui lui vînt immédiatement à l'esprit. C'était 'lui', 'lui' et sa stupidité sans borne. Impossible de lui en vouloir de toute façon, c'était bien trop tard pour le moindre repenti ou le moindre remords. Tout le monde faisait des erreurs dans la vie après tout... Alors pourquoi pas elle?

Une enfant sans parents, sans sœurs et sans famille. Une créature qui vivait à l'impulsivité, portée par son instinct et son côté sauvage. C'était tout ce qu'elle avait été. Et c'était terminé dès à présent.


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[A suivre]

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