L'aube, c'est l'Abysse sans la fin [Yeager]

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L'aube, c'est l'Abysse sans la fin [Yeager]

Message  Invité le Ven 15 Fév 2013, 21:51

Dans l’hôpital qui abritait de monstrueuses créatures, on traversait ses boyaux, gênant quelques infirmiers sans cesse demandés. Dans ces couloirs, en continuant à suivre les indications inscrites sur le sol, on finissait par pénétrer dans une chambre standard, pouvant accueillir un individu sans besoin particulier. Un fauteuil, une chaise en bois et au milieu de la pièce, un lit étroit qu’entouraient deux commodes. Et une gamine glissée dans cette même couche. Des poches, des objets pointus et certains autres, coupants. Des aiguilles, des scalpels, des lames de rasoirs, et des instruments dont on ne connait la nature, entouraient la jeune fille.

Allongée dans le lit, cachée sous deux draps autrefois blanc, jaunis par l’âge et les tâches et vêtue d’un costume de nuit grisâtre, taillé dans un tissus épais, la demoiselle commençait alors à s’éveiller. Elle reprenait plus ou moins conscience mais ne bougeait pas. Son corps encore engourdi par la mort, suivie d’une résurrection ne lui permettait pas de se relever. Elle se contenta d’écouter. Sa mémoire brouillée ne voulait pas lui dire où elle était. De drôles de cris, comme des bêtes que l’on éventre, des rugissements, des hurlements inhumains … Et des infirmières qui chantonnaient dans les couloirs. Dans un grand bruit sourd, on n’entendit plus rien.

Quelques instants plus tard, le temps d’un court évanouissement et une apnée de cinq secondes tout au plus. La jeune fille se réveilla enfin. Comme si elle s’était noyée et qu’elle remontait à la surface de la Terre. Tout l’air est alors revenu dans ses poumons, gonflant sa poitrine, la soulevant presque, puis, elle retomba dans le lit. Elle cligna et roula des yeux. Des murs gris et ternes, des instruments de torture et deux personnages. Elle poussa un cri étouffé en les voyant. Ils lui paraissaient grands. Un géant qui semblait pourrir, couvert de moisissures ; et un énorme chat roux à lunettes, qui la fixaient.

Se redressant pour s’assoir sur le matelas, elle découvrit alors la couleur bleue-givrée de sa peau. Elle écarquilla de nouveau les yeux et toucha ses bras, elle les redécouvrait, le retournait, cherchait le problème.


« Je suis malade de quoi ? » demanda la fille aux yeux noyés de cheveux roux aux deux individus, d’un ton anxieux.

Tendue par la présence de parfaits inconnus aux physiques impressionnants et plutôt repoussants, dans la chambre, et de sa couleur auparavant rosée qui était passé à une teinte anormalement acier, elle se touchait le visage, vérifiant si aucun autre défaut ne se faisait remarquer, au toucher. Ses deux petites mains tremblaient, tout comme sa lèvre inférieure.

Elle ne remarqua rien d’anormal, si ce n’est ce goût étrange dans la bouche. Un goût de vide, mêlé à l’odeur commune à tous les hôpitaux, cette émanation d’alcool, sèche, une ambiance froide et sévère. Un parfum fort et écœurant, fétide. Elle cracha sur le sol pour se débarrasser en vain de ce jus d’éther et essuya du revers de sa manche le filet de salive qui coulait de sa bouche.

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Re: L'aube, c'est l'Abysse sans la fin [Yeager]

Message  Invité le Sam 23 Fév 2013, 16:19

Je m'en rappelle encore comme si c'était hier. Même si la date précise me revient pas... Mais passons. J'étais aller m'occuper de quelques aventuriers qui avaient eut la mauvaise idée de se barrer du donjon avec un joli butin. Le truc qui me dérangeait beaucoup en revanche, c'était le fait que dans ce butin, il y avait MON scalpel! Je l'avais, pour dire la vérité, égaré en rentrant d'une chasse. D'habitude, j'ai un mécanisme dans mon avant bras qui me permet de dégainer ma lame. Mais là, il était cassé et elle en est tombée. J'étais tellement mort -sans mauvais jeux de mots- de ma traque que j'avais même pas remarqué ça. Faut dire, je me souvenais avoir prit quelques coups au crâne qui, sans mon symbiote, m'auraient tué. Quoi qu'il en soit, en remarquant ça, je me souviens avoir paniqué comme un malade mais heureusement, Jubei, mon camarade félin, a usé de mon odeur pour trouver de nouveau mon objet perdu... Oui, c'était un chat aussi utile qu'un canidé. Ne lui dites jamais, il pourrait vous arracher la trachée pour ça! C'est comme ça que je suis arrivé à ces brigands et que, par concours de circonstances, on a déclenché une... petite bagarre... Avec des morts. BON! C'est pas le top, je sais. Mais j'avais pas prévu ça! Au milieu de la rue, dans un petit village... Et sur le coup, en même temps que je récupérais cet outil riche de souvenir et d'importance, je cache pas que... Némésis a fait un mouvement de hache à peine trop ample éclata la nuque d'une fille de passage. J'avoue que sur le coup, j'étais mal à l'aise!! Alors on a embarqué le cadavre pour le planqué dans la morgue de l'hôpital... Et c'est aujourd'hui que je prenais les devants!

Après un moment à avoir fait évoluer mon Syndrome, et ainsi mon symbiote, j'ai décidé de tenter une expérience. Vous savez, de base, je peux ressusciter un mort sous forme d'une goule. La chose que je tentais cette fois ci était de ressusciter cette fille mais avec sa conscience! Une VRAIE résurrection. Je l'avais allongée sur une table d'opération avant de me tailler la main. Le liquide violâtre épais lui coula dans la bouche avant de lentement s'immiscer dans son organisme. Ceci fait, je n'avais plus qu'à attendre. Connaissant la reproduction cellulaire autonome du symbiote, j'étais confiant qu'en moins d'une minute, ça agirait... Et pourtant. Cinq qui s'écoulent, puis dix... et vingt... Et trente... Je finis par me dire que ça ne servait à rien et que j'allais me chercher à boire. J'étais sur les nerfs, clairement que rien ne se passe et pendant que je me faisais faire un thé par une de ces fées infirmière, Jubei gérait la situation à côté...

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Alors moi, j'étais là, tranquille, dressé sur mes pattes arrières. Le lit d'hôpital était vachement haut alors j'ai pas fait mon débile, j'suis monté sur l'épaule de Némésis m'voyez? Je me suis posé sur son épaule façon gros tas, en boule. Il avait une carrure d'armoire et les chats montent sur les armoires pour s'y reposer. C'est de la logique féline! C'tout!! Big Boss, même si vous l'appelez Yeager, était partit fin furax se chercher un truc à boire. Je le connais, quand il boit du thé c'est qu'il est pas content. Ou alors qu'il est amoureux. Et si il se met à kiffer l'échec, c'est qu'il y a un truc qui va pas. En tout cas, j'me suis dis que je devais p'têtre proposer à Némésis de ranger l'cadavre. Parce que pas qu'on s'faisaient chier comme des morts mais presque quoi. Alors j'suis descendu et à ce moment là, je sais pas trop si c'est ma patte aux coussinets moelleux que j'avais posé sur son poignet pour la pokée qui avait déclenché ça, mais elle s'est cambrée! D'un coup!! Alors moi, j'ai flippé ma race quoi! J'ai hurlé dans un miaulement comme un chat qui voyait un poster de Bustin Jieber -un ménestrel de l'époque, laissez tomber- et je me suis accroché au bras de l'autre tas d'chair comme un koala! Et au final, je vais une moue en V inversé. Je regarde la fille qui demande de quoi elle est malade... Bah putain, pour une morte-vivante censé avoir été conservée, j'trouvais que son cerveau avait bien fondu moi! Sans un mot en plus, je me contente de sursauter comme une chaton quand elle crache et de laisser Némésis sortir de la salle... Moi, j'flippe encore alors je m'approche de la porte pour sortir... Mais elle s'ouvre si vite et si fort que je suis littéralement éclaté comme une merde entre le mur et cette porte. Merci Big Boss. C'cool.

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Elle était réveillé. Un air étonné sur mon visage, je finis par afficher un grand sourire avant de poliment m'incliner. Je me présente rapidement aussi et en me rappelant de ce que Némésis a tenter de me communiquer, je me serre les mains, un peu gêné, ayant quelques hésitations et tics dans ma prestations

"Euuh, ouais. Alors écoute, hm... T'es malade de... de décès. Quand le coeur bat plus, que le cerveau arrête de fonctionner et que l'on.. meurt." Ma voix était aller en decrescendo, arrivant à un stade bien faible sur la fin. Mais je reprends un peu plus jouasse "Mais l'important c'est que tu sois en vie!... Encore!"

Je n'en dis pas plus. Mais dans ces moments là, je me dis que suivre les cours de psychologies sur les morts de Papa aurait été mieux que le fiasco littéral que je venais de faire! Attention, tout de suite chers spectateurs: La chute!

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Re: L'aube, c'est l'Abysse sans la fin [Yeager]

Message  Invité le Mer 27 Fév 2013, 23:23

Le « Maître » des deux créatures était enfin rentré. Yeager, donc. Souriant, élégant, il donna une réponse surprenante à la question de la jeune fille. Elle était morte. Cette drôle d’annonce ne la fit pas sourire. Non, car elle commençait à le croire. C’était de toute façon le seul, avec ses deux créatures, à l’attendre à son réveil. N’ayant pas de vrais souvenirs de sa vie antérieure, elle ne pouvait que penser qu’il ne mentait pas. Une drôle d’impression d’être morte sans avoir vécu. Non il ne mentait pas. Mais…Il ne lui rappela rien de bon. Elle le connaissait. Oui, quelque chose dans visage. Peut-être même cette arcade sourcilière fut l’élément qui lui souffla que cet homme avait fait quelque chose de grave pour elle. Non, c’était impossible, elle ne se souvenait pas. Elle est morte, il ne ment pas. Il n’a pas le droit de mentir.

La jeune fille regardait ledit Yeager dans les yeux. Assise sur le lit, elle ne bougeait pas. Les lèvres entrouvertes, l’air impressionné auquel s’ajoute un peu de peur. Elle faisait de tous petits mouvements, en tordant, ondulant, entortillant ses doigts, comme une enfant gênée. De temps en temps, ça craquait. Le silence était pesant, on les entendait presque respirer. Elle regarda le sol, puis encore une fois Yeager, la tête penchée vers le bas. Elle se leva, lentement, sortit du lit, sans le lâcher des yeux. On lisait de plus en plus de peur sur son visage. Elle reculait en tendant les bras, comme pour se défendre, empêcher qu’on l’agresse.

Quelques paroles crachées lui tournaient dans la tête. Phrases courtes qui n’auraient pas lieux d’être. Mais elles revenaient, sans cesse. Plus forte, plus violentes, plus agressive les unes que les autres. Certaines, plus entreprenantes avaient même réussi à lui écorcher le cœur : « Dévêtue. Ras du sol. Un peu crue. Cambriole. Descendue l’auréole. Abattue en plein vol. » Son visage était grimaçant : elle avait vraiment peur, ses lèvres tremblaient tant, elle ne pouvait pas même s’arrêter. Gémissant, car incapable de dire quoi que ce fût. La fillette aux cheveux rouges tendait toujours les bras, elle avait rattaché ces formules à l’homme. Il était mal tombé, le malheureux. Littéralement associé à un viol par une gamine qu’il avait tué, mais à qui, surtout, il avait redonné vie. Certes, ce n’était pas par pitié qu’il l’avait fait, mais ça n’en restait pas moins une affreuse situation.

En cognant le mur, elle rencontra de la main une poignée de placard, l’ouvrit et s’apprêtait à se cacher de ce Yeager, homme pourtant respectable ; en se glissant à l’intérieur du meuble.

Avant d’avoir le temps de pénétrer dans la penderie, la fille aux cheveux couleur cerise écarquilla les yeux. Elle eut juste le temps d’émettre un bref cri avant de s’écrouler dans un bruit sourd, la joue sur le sol. Abattue en plein vol. Une vingtaine de secondes durant lesquelles les muscles se contractèrent, presque soudés. Sa crise s’acheva dans une plutôt longue série de secousses durant laquelle elle ne manqua pas de se cogner la tête contre le mur. Par on ne sait quel miracle, elle ne se mordit pas la langue ni ne s’étouffa avec. Crise de grand mal ou d’épilepsie. Cessant de bouger dans tous les sens, elle s’immobilisa sur le parquet poussiéreux. Elle refusa d’ouvrir les yeux et se tenait la tête. La douleur du coup dans le mur n’était pas moindre. Gémissant, elle intima à Yeager
« Papa, j’ai mal. »

Caractère plutôt instable.
Stéarate de magnésium, dix milligrammes. Non, un trauma inventé lors du retour à la vie. Cellulose monohydratée. Une crise, puis un retour au conscient, avec un esprit relativement stable.



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